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21.02.2007

Souvenir

Maman,

Trois mois que tu es partie…..incroyable comme le temps file……me semble que c’était hier.

Comment te dire que tu me manques….ta présence absente, ou plutôt ton absence présente me presse le cœur.

Quand je visite papa, je te vois assise sur ton fauteuil, le visage comme un raton laveur, suite à ta chute….tes

Yeux bruns vitreux, ton teint terreux….mais ton sourire chaleureux…..je ferme les yeux….tu n’es plus là….ou

Plutôt si, dans mes souvenirs, dans mon cœur…..

Tu te souviens maman, le lundi, 20 novembre 2006….moi si…..au pied de ton lit à l’hôpital, l’infirmière se

Préparait à te donner du sang….ton pouls battait à 50……je t’ai dit :’’ maman, tu es fatiguée, je vais partir et revenir demain

Matin’’ de la tête, tu m’as fait signe que oui……je me suis approché de toi….je t’ai embrassé sur le front….je t’ai murmuré :’’

Maman, j’t’aime’’. Tu as tourné vers moi tes yeux déjà presque éteints….tu m’as souri et tu as répondu :’’ moi aussi’’.

Je t’ai quitté…..durant la nuit, tu as sombré dans le coma…tu avais commencé à partir….déjà….Ce soir là, ce fut

Notre dernier contact conscient…jamais je n’oublierai ce moment privilégié…..le lendemain,

J’étais là à 7hre le matin, dès que l’infirmière m’eut téléphoné pour me dire que tu n’allais pas bien du tout…j’étais à ton

Chevet…Durant la nuit, tu étais montée dans le train pour entreprendre ton dernier voyage….moi sur le quai de la gare

Je te tenais la main…..Quant le train est parti à 21h15 ce 21 novembre 2006,….je t’ai regardée aller….triste….les larmes aux yeux.

Tu m’as donné ta dernière leçon : restez serein devant l’inévitable.

Ce fut un honneur et un privilège de t’avoir comme mère…si c’était à refaire, je te choisirais encore.

Et tu sais quoi maman…..j’aime beaucoup les ratons laveurs…

Merci maman……. Adieu…..j’t’AIME.

Commentaires

Quelle émotion dans ces mots de petit enfant! Ne restons nous pas à jamais les petits enfants, même lorsque la vie bouleverse les donnés et fait de nous les parents de nos parents?
S'entendre appeler "ma grande " par cette dame de bientôt 84 ans , qui s'accroche à moi comme à une bouée! s'entendre dire "que ferais-je sans toi? ? "
Je ne peux imaginer qu'un jour . . .
Je suis avec toi, Framboisine

Ecrit par : framboisine | 21.02.2007

Merci framboisine...

En effet ce sont dans les petits gestes de la vie plus que dans la vie de tous les jours que l'absence se fait sentir. Durant la semaine ils avaient leur vie et moi la mienne.

Mes parents sont du génération qui exprimait peu ses émotions sinon par de petits gestes d'amour. Quant j'allais les visiter le samedi, je lisais leur bonheur dans leur yeux et au départ, c'était: as-tu besoin de quelque chose, des beignets, un gâteau au chocolat, une tourtière.....quel amour de leur part, quand je savais très bien que maman faisait ces choses là pour nous puisque ni elle ni papa ne mangeait de gâteau, de beignes encore moins de toutière.

À mon anniversaire c'était une carte et un cadeau, à Pâques: un lapin en chocolat....je pourrais multiplier les exemples par lesquels elle exprimait son amour et sa tendresse....tous ces petits gestes me manquent et me font sentir le vide.

Pour les parents, tu as raison, nous demeurons toujours des enfants, leurs enfants.....et à quelque part, n'est-ce pas que nous aimons çà :o).

Tu imagines l'amour et la tendresse de ta mère dans ces simples paroles: ''ma grande''......

Je me console en me disant que je fus privilégié de l'avoir aussi longtemps et que de là-haut, elle continue à veiller sur moi.....et en plus, me reste papa....bizarre......ce décès nous a rapproché papa et moi.

Malgré tout, la vie est belle.

Ecrit par : Jean-Paul | 22.02.2007

Très bel homage à une maman disparue.
L'absence qui se fait présence à l'intérieur, même dans l'ordre des choses, est un cadeau, une bénédiction pour toute la famille au regard de tous ceux qui se quittent "brouillés", "fachés" et qui transmettront à leurs descendants un conflit inachevé qui demandera réparation.
Partir dans la paix, accompagner le "partant" avec sérénité est un véritable patrimoine d'amour qui se transmet de génération en génération.
Merci de nous faire partager ce très beau texte.

Ecrit par : Anne-Marie | 22.02.2007

je suis touchée de tes mots d'amour, pour cette maman que n'aurais tu pas fait? te voilà dans le temps du souvenir , le temps où le passé exprime sa saveur au niveau du coeur, où l'on se rappelle de façon différente.
Courage à toi et à ton papa.
amitiés

Ecrit par : josette | 02.03.2007