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05.07.2008

Rêve ou réalité???

Une soirée comme toutes les autres autres.

Ou plutôt non, une soirée comme certaines autres: ciel étoilé par cette nuit froide.

J'adore ces nuits où le ciel dévoile ses trésors scintillants.

Un chapelet de diamants qui brille au cou de la voûte céleste.

Plus jeune, j'ai mis la main sur un de ces diamants, je l'ai pointé du doigt en disant: tu es ma bonne étoile et tu me protègeras. Depuis, je la vois toutes les nuits sans nuage. Je ne vous dirai pas la quelle c'est, je suis égoiste et je la garde.

Il fait froid mais sec. Très agréable pour marcher.

Je me rends au centre-ville. J'aime bien la rue Ste-Catherine. Bien sur avec toutes ces lumières qui décorent les grattes-ciel, c'est difficile de voir le ciel étoilé.

La rue Ste-Catherine....artère de la perdition????

À l'extrémité est: le Village gay, plus au centre: des bars, des sexshops, des restos, des points de rencontres pour junkys, punks, robineux, putes...plus loin, le coin des Festivals: jazz, francofolie, musées, Place des arts...et plus loin, beaucoup plus loin.....un quartier résidentiel très anglo.

Je suis assis sur un bloc de ciment. Devant moi, un resto: le Vieux four, où l'on sert de la pizza...à l'étage supérieur, une affiche scintille de mille couleurs.

Une danseuses me montrent ses fesses et ses seins quelques secondes pour disparaît, pour reparaitre l'instant suivant.... C'est le bar de danseuses nues: La calèche du sexe.

Nom évocateur et provocateur. Je ferme les yeux. Je les ouvre de nouveau...toujours cette danseuse statique, fesses et seins multicolores qui me regarde. Je crois qu'elle m'a cligné de l'oeil, ou est-ce mon imagination qui me torture.

J'y suis jamais monté.

Allume-éteint, allume-éteint...yeux ouverts-fermés, yeux ouverts-fermés....

Je suis hypnotisé...Je n'entrerai pas bien sur, mais me voici devant la porte d'entrée...Comment est-ce possible. Je ne me souviens pas avoir quitté mon bloc de ciment et traversé la rue.

Mais c'est qu'elle est attirante et puissante cette affiche alors.

Il fait froid dehors semble me dire la danseuse sur l'affiche.

Hum alors si j'ai froid, comment se sent-elle presque nue en haut de l'affiche.

Bon, allez...j'ouvre la porte. Me voici devant un escalier en bois. La chaleur me frappe de plein fouet.

J'entends la musique résonner. Je monte.

En haut, je regarde.

J'ai peine à voir tellement c'est noir. Mes yeux doivent s'y faire.

La fumée est à couper au couteau.

Un placier m'amène à une table, moyennant un pourboire bien sur.

Une serveuse qui ressemble étrangement à celle de l'affiche par son costume me demande ce que je veux boire.

Bien sur, dans toutes les boites que j'ai fréquentées avant, on y présentait des artistes connus mais on devait consommer, et pas que du jus d'orange.

Ici, les ARTISTES semblent connues surtout des habitués car moi je ne les connais point.

Vodka-jus d'orange, je commande.

La musique est infernale, tonitruante et pire encore...les oreilles me bourdonnent, les tympans s'ouvrent laissant les osselets s'éclater à qui mieux mieux au son de rocks ou de rocks hard.

Puis les artistes se succèdent sur la scène: Lola la policière, qui après son numéro se retrouve à poil avec ses menottes et sa matraque en mains....Pourvu qu'elle vienne m'arrêter..elle retourne à la loge.

On voit défiler: Lolita la pompière, Tara la postière etc....qui finissent toutes comme la policière et retournent à leur loge.

À la table voisine, 2 gars font danser une artiste à leur table.

Montée sur un tabouret, elle se déhanche au son de la musique. Les seins frolant le nez d'un des gars.
Penchée vers lui, je pourrais lui claquer les fesses..mais c'est défendu.

Le temps d'une chanson, 3 minutes....et voilà $10 pour elle.

Le temps a passé.

Une main sur mon épaule et une voix douce me dit: Monsieur, nous fermons.

À la table devant moi, un monsieur se lève.

Il a oublié quelque chose sur la table. Je m'approche.

Un livre: L'influence des danseuses nues sur l'économie de Montréal.

Il est 21 heure. La bibliothèque municipale ferme.

À bientôt

Jean-Paul